2 mars 2006 :
Le texte qui suit a été édité par GRAIN, une organisation
internationale non - gouvernementale, qui œuvre pour le
développement durable et l’utilisation de la bio -
diversité. www.grain.org |
Un rapport de GRAIN établit
que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise
de la grippe aviaire. |
Les petits élevages avicoles
et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables
de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs
parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment
l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème
et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le
virus. |
L’expansion de la production
avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les
conditions idéales à l’apparition et à la transmission de
virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une
fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels
surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se
développer. L’air vicié par la charge virale est transporté
sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que
les réseaux d’échanges commerciaux intégrés répandent la
maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de
poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’œufs à couver,
d’œufs, de fumier de volaille et d’alimentation
animale. |
« Tout le monde se
focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de
basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin
Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs
effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe
aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce
soit eux qui le propagent. » |
Par exemple, en Malaisie, le
taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages
est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se
propager dans les petits élevages de poulets. Les
manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays
infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes
industrielles du pays, qui sont fournies par des
établissements d’incubation Thai. Les seuls cas de grippe
aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90%
de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes
industrielles. |
Les gouvernements des pays de
l’Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des
oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères
obligeant à l’enfermement des volailles. Maintenant, ils sont
bien embêtés car la première et seule manifestation
significative de contamination de volaille domestique s’est
déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France,
où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés
des oiseaux sauvages. |
« Il apparaît de plus en
plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon
en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se
déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite
elle se propage, » explique Kuyek. |
Le cas de contamination
nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé
par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du
Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de
déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue
pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde,
les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu
et s’est répandu à partir d’une ferme industrielle appartenant
à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs
Venkateshwara. |
La question cruciale est de
savoir pourquoi les gouvernements et les agences
internationales, comme l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour
enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs
sous-produits, tels que l’alimentation animale et le fumier,
propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la
crise comme une occasion d’industrialiser davantage le secteur
avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la
volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et
pour réapprovisionner les fermes avec des poulets
génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une
industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations
semble total. |
« Les agriculteurs perdent
leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et
quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une
épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes,
» conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que
pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe
aviaire, ils doivent les protéger contre l’industrie avicole
mondiale ? » |
| Lire le rapport : |
« Qui est le dindon de la farce ? Le rôle
central de l’industrie avicole dans la crise de la grippe
aviaire » |
Contact GRAIN
[1] : Devlin Kuyek GRAIN, à Montréal Tél : +1 514
2737314. |
| e-mail: devlin@grain.org |
|
|
|
|
|
|
|
|